Un peut plus de Michel Melamed
... en français.

Rio de Janeiro, moins vingt degrés. Les patineurs chevauchent côte à côte sur le miroir de glace du lac Rodrigo de Freitas. Le christ – presque méconnaissable ainsi, la neige couvrant le dos de ses mains, ses pieds, ses bras, ses épaules, sa tête... s’il n’y avait pas cet emplacement juste et cette même taille, on pourrait soupçonner un autre à sa place: un king-kong pétrifié au sommet de l’escalade ; un sphinx, debout, proposant la pantomime de son énigme; la Statue de la Liberté – renonçant à la torche, les bras à demi-levés comme des ailes, libre ; peut-être la tour Eiffel obèse ou même un pathétique épouvantail géant chassant le soleil... la neige tombe sur la ville. Une chute lentement étayée par le silence absolu, hiberné depuis plus de cinq cents ans, lapidant les hélices des flocons pour la blancheur éblouie. Des couples en ski descendent le pain-de-sucre. Dans la Baie de Guanabara un père tire son fils sur un traîneau. Des pingouins aplaudissent l’aurore boréale à Ipanema. Et si jamais, un jour, le pau-brésil – l’arbre – se met en tête de perdre son teînt en Pologne et un oiseau de se gargariser en Russie... L’Uzbekistan et ses palmiers des marais... Sibérie quarante degrés... Aujourd’hui, ici, ce sont les neiges de mars qui clotûrent l’été. Et aucune promesse. Plus jamais.
Michel Melamed
... en français.

Rio de Janeiro, moins vingt degrés. Les patineurs chevauchent côte à côte sur le miroir de glace du lac Rodrigo de Freitas. Le christ – presque méconnaissable ainsi, la neige couvrant le dos de ses mains, ses pieds, ses bras, ses épaules, sa tête... s’il n’y avait pas cet emplacement juste et cette même taille, on pourrait soupçonner un autre à sa place: un king-kong pétrifié au sommet de l’escalade ; un sphinx, debout, proposant la pantomime de son énigme; la Statue de la Liberté – renonçant à la torche, les bras à demi-levés comme des ailes, libre ; peut-être la tour Eiffel obèse ou même un pathétique épouvantail géant chassant le soleil... la neige tombe sur la ville. Une chute lentement étayée par le silence absolu, hiberné depuis plus de cinq cents ans, lapidant les hélices des flocons pour la blancheur éblouie. Des couples en ski descendent le pain-de-sucre. Dans la Baie de Guanabara un père tire son fils sur un traîneau. Des pingouins aplaudissent l’aurore boréale à Ipanema. Et si jamais, un jour, le pau-brésil – l’arbre – se met en tête de perdre son teînt en Pologne et un oiseau de se gargariser en Russie... L’Uzbekistan et ses palmiers des marais... Sibérie quarante degrés... Aujourd’hui, ici, ce sont les neiges de mars qui clotûrent l’été. Et aucune promesse. Plus jamais.
Michel Melamed
